Quels sont les dangers pour la FGTB si elle venait à défendre le modèle du PS d’une Belgique à 4 régions ?

Article paru dans le Bulletin Unité N°61 d’octobre 2021.

La revue Politique a publié dans son numéro de septembre 2021, un dossier consacré à l’accord du gouvernement sur la 7ème réforme de l’Etat qui « doit entraîner un renforcement de l’autonomie des entités fédérées tout en augmentant la capacité d’action du pouvoir fédéral ». Autrement dit, le pouvoir fédéral serait plus efficace s’il perdait encore plus de compétences !

La revue Ensemble pour la solidarité, contre l’exclusion (septembre 2021) donne un élément d’information : « Au printemps 2020, parallèlement aux contacts établis entre le président du PS et celui de la N-VA, différents experts proches du Parti socialiste travaillaient sur des « scénarios de défédéralisation portant sur les chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi et les chômeurs à temps partiel volontaires » ». En Belgique, la « défédéralisation » d’une compétence, c’est sa régionalisation !

Le jour de la manifestation du 24 septembre dernier, Jean-François Tamellini, secrétaire général de la FGTB wallonne donnait une interview dans le journal L’Echo. Dans cette interview, le dirigeant syndical s’attaquait à un parti politique, à savoir le PTB, oubliant que de plus en plus d’affiliés de la FGTB votent ou sont près de voter PTB.

L’Echo lui posait la question traditionnelle : « Le PS fait-il la course derrière le PTB ? » La réponse : « Je pointe surtout les déclarations anti-régionalistes faites par le PTB (à travers son manifeste « We are one »). Cela me heurte. (…) Le régionalisme colle à des réalités de terrain dans un cadre de solidarité fédérale. Quand le PTB attaque le courant régionaliste de la FGTB et attaque André Renard – qui est celui qui a amené les réformes de structures anti-capitalistes à la FGTB avant 1960 – il s’en prend au syndicalisme de combat. »

Cette déclaration a été largement utilisée par des responsables du PS pour affirmer que la FGTB se distanciait désormais du PTB. Par ailleurs, on peut faire remarquer que le PS ne fait certainement pas la « course derrière le PTB » en matière de lutte pour le maintien de la Sécurité sociale fédérale et du droit du travail national.

Ce qui pose question, c’est la volonté de certains responsables de la FGTB de vouloir coller de près au programme du PS pour l’extension de la régionalisation.

Mais il n’y a pas de consensus à la FGTB sur cette orientation. Par exemple, on relèvera que lors de la soirée de gala pour présenter la campagne « We are one » du PTB, le 29 septembre, était présente Estelle Ceulemans, secrétaire générale FGTB Bruxelles.

Encore plus significative est la prise de position des travailleurs de l’entreprise Aperam Châtelet (ex Arcelor Mittal, ex Carinox, ex Carlam) qui expriment leur opposition à la « tendance régionaliste à l’intérieur de notre FGTB ».

Dans une motion publiée le 8 octobre, ils déclarent :
« Pourtant notre FGTB défend les Accords Interprofessionnels qui sont l’exemple même de la solidarité entre les différentes couches de travailleurs, les différents secteurs, entre les travailleurs des différentes régions du pays. La lutte des personnels des hôpitaux, la lutte contre la pension à points. Ces différentes luttes ont en commun qu’il s’agit de luttes nationales. Forte de cette solidarité exprimée par la FGTB, la délégation d’Aperam s’oppose à la tendance régionaliste à l’intérieur de notre FGTB. Rappelons-nous que c’est l’unité de tous les travailleurs de Belgique qui a permis de sortir les enfants des mines, de créer la Sécurité Sociale.

Mais surtout face à l’ultra-libéralisme dominant, le monde du travail a besoin d’une unité la plus large et la plus profonde. Il a besoin de rapports de forces internationaux et surtout pas de replis régionaux, communautaires. La délégation FGTB d’Aperam qui défend l’unité des travailleurs de l’usine, quelle que soit leur origine, leurs convictions ou orientation, qui travaille à un front commun, qui a organisé le syndicalisme de réseau actif, en son temps.

La délégation FGTB Aperam fait appel aux instances de la Fédération MWB Hainaut-Namur pour porter notre message à d’autres niveaux de la FGTB et même au dehors. Tous ensemble, tous ensemble ! » (1)

Ce qui guette la FGTB comme syndicat, si jamais elle devait soutenir le projet institutionnel des responsables socialistes, c’est la division en son sein, et cela, à tous niveaux. Si elle renonce à son indépendance vis-à-vis des partis socialistes, la FGTB est en danger. Mais rien n’est joué.

Roberto Giarrocco

1) https://www.facebook.com/FGTBAperampublic2015/

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