Communiqué Covid-19 : que ferait un gouvernement au service des travailleurs ?

Les personnels des hôpitaux dénoncent l’effondrement du système des soins de santé. Que leur répond le gouvernement De Croo ? « C’est notre responsabilité politique de prendre des mesures équilibrées. » Autrement dit, les besoins de l’économie capitaliste priment avant toute autre considération.

Les soignants expliquent : « En cas de saturation, des médecins se retrouveront face à la décision terrible de choisir qui soigner. » Nous sommes près de la saturation et que répond le gouvernement ? « Pas question de changer sans cesse de stratégie ! » Mais au nom de quels intérêts particuliers agit ce gouvernement pour mépriser autant la santé de la population?

Et ce ne sont pas les mesures prises par les différents niveaux de pouvoir, dans la plus grande cacophonie, qui vont dédouaner le gouvernement fédéral de ses responsabilités.

Le mouvement ouvrier s’est construit sur le principe suivant : les richesses doivent être la propriété de la collectivité et le moteur de l’économie ne doit plus être le profit des possédants mais l’utilité sociale, c’est-à-dire la satisfaction des besoins sociaux. Ce principe vaut plus que jamais en situation de crise.

Comment agirait un gouvernement qui mettrait en application une politique tendant vers le socialisme ? En premier lieu, il faut remarquer que pendant la période de confinement, de très nombreux capitalistes ont continué à s’enrichir. Ensuite, il faut observer que la politique des gouvernements et de l’Union européenne a été de chercher à garantir les taux de profit en déversant des milliards d’euros aux banques et aux grandes entreprises. Un gouvernement ouvrier réquisitionnerait et mobiliserait ces milliards d’euros destinés à la Bourse pour renforcer le système hospitalier, en annulant dans un premier temps toutes les mesures d’économies prises depuis des décennies, en réouvrant les lits fermés au nom de la réduction de la dette publique.

Le coût de soins de santé fait partie du coût salarial et constitue donc une entrave aux profits. C’est la raison pour laquelle rentabilité du capital rime depuis longtemps avec restrictions budgétaires en Sécurité sociale. Un gouvernement au service des travailleurs organiserait la rupture avec cette politique de réduction du coût du travail.

Chacun comprend qu’un gouvernement au service du capital n’a qu’une boussole pour s’orienter : la rentabilité des investissements, peu importe les conséquences.

Qu’en est-il de l’impact des mesures sanitaires sur l’activité industrielle et des services ? Un gouvernement qui serait l’émanation du monde du travail parviendrait beaucoup plus naturellement à répartir le travail pour rencontrer les nécessités techniques et protéger la santé des travailleurs. On doit rappeler qu’au printemps dernier, ce sont les travailleurs italiens qui ont obligé les patrons à stopper les usines alors que la situation était catastrophique.

En Belgique, la grève à AB Inbev – Jupille a encore démontré la contradiction entre la logique patronale et la logique ouvrière. Ces derniers jours, les travailleurs des grands magasins font valoir leurs exigences pour se protéger. Dans l’enseignement, des premiers arrêts de travail sont organisés tant la situation est chaotique.

Toutes ces mobilisations posent la question : qui doit diriger ce pays ? Dans quel but ?

La pandémie porte atteinte aux conditions de vie des travailleurs qui sont confrontés en plus à une attaque tout aussi grave sur le plan social. Les capitalistes savent mieux que quiconque que toutes les mesures pour protéger la population contre cette crise menacent leurs profits. Ils sont menacés parce que le maintien de ces profits s’oppose aux besoins de la collectivité. En effet, l’Etat a besoin de fonds pour les soins de santé. Il en a besoin pour assurer le maintien des revenus d’une partie de la population réduite au chômage et à la misère.

La contradiction est là entre un régime économique qui entend profiter de la situation pour créer un chômage de masse (cette menace était déjà présente avant la crise sanitaire) et l’exigence des travailleurs et de leurs familles de maintenir leurs conditions de vie. Cette contradiction doit être surmontée via l’interdiction des licenciements que les travailleurs doivent imposer.

Seule leur mobilisation unie et celle de leurs organisations peut forcer les capitalistes à reculer.

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