Les travailleurs de la STIB : »Qu’attendez-vous ? »

Le 11 mai au matin, de très nombreux chauffeurs de bus et de tramway de la Société des transports intercommunaux bruxellois (Stib) ont invoqué leur droit de retrait, estimant que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies, pour eux comme pour les passagers des transports en commun. Les réseaux bus et tramway ont été fortement perturbés.

Jeudi 14 mai, syndicats et direction présentent un protocole actant un certain nombre de mesures, accord qui ne devrait être concrétisé qu’en cas de reprise du travail. Un accord massivement jugé insatisfaisant par les travailleurs qui maintenaient leur refus de se rendre au travail le vendredi 15 mai.

Dans une lettre ouverte qui revendique plus de 500 signataires, les chauffeurs interpellent la ministre bruxelloise de la

Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen/Verts), et son ministre-président, Rudi Vervoort (Parti socialiste), au sujet de l’absence de mesures de protection au sein de leur entreprise. « Qu’attendez-vous pour exiger de la Stib qu’elle nous accorde enfin ces mesures de prévention pour préserver notre santé, celle de notre famille et celle des voyageurs ? », interpellent les chauffeurs.

« Nous ne voulons pas conduire un bus ou un tram plein à craquer, sans la moindre distanciation sociale, ce qui pourrait nous contaminer ou contaminer les voyageurs », écrivent les travailleurs, qui déplorent « trop de voyageurs sans masque et pas assez de contrôles sur le réseau pour faire respecter cette obligation, ainsi que la distanciation sociale ». Ils revendiquent, entre autres, « une paroi hermétique en Plexiglass dès que possible ».

Les dirigeants du Parti socialiste auxquels s’adressent les travailleurs des transports siègent au gouvernement régional de Bruxelles et ont voté au Parlement les pouvoirs spéciaux au gouvernement Wilmès (dominé par les libéraux). Mais les revendications des travailleurs, que ce soit à la Stib, dans les hôpitaux ou ailleurs, accentuent les contradictions internes au PS sur le soutien qu’apportent ses dirigeants au gouvernement de droite.

En attendant, les travailleurs bruxellois – usagers des transports en commun – sont de plus en plus nombreux à manifester leur sympathie aux chauffeurs qui exercent leur droit de retrait. À l’instar de ces enseignants d’un établissement de la région bruxelloise, avec leur syndicat, qui, « réunis en assemblée générale ce vendredi 15 mai 2020 :

• soutiennent les travailleurs de la Stib présents sur le terrain depuis le début de l’épidémie,

• soutiennent ces derniers dans leur combat pour travailler dans des conditions assurant leur sécurité, celle de leur famille ainsi que celle des usagers,

• déplorent que la direction de la Stib n’ait pas accédé à l’ensemble des revendications avancées,

• soutiennent les travailleurs de la Stib dans leur initiative de s’adresser donc au ministre-président Rudi Vervoort (PS) et à la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen),

• demandent que les travailleurs ayant fait usage de leur droit de retrait touchent l’entièreté de leur salaire,

• appellent les organisations syndicales à soutenir toutes les actions que les travailleurs jugeront utiles de mener afin d’obtenir la satisfaction de leurs revendications légitimes, • appellent l’ensemble de la population à les soutenir dans leur combat pour le bien de tous. »