Pour gérer au mieux la crise, quel gouvernement nous faut-il ?

Edito du BU N°51 – Mai 2020.

Il y a la crise sanitaire. Le gouvernement Wilmès ne fait qu’aggraver les problèmes : manque persistant de matériel de protection pour les soignants, hôpitaux asphyxiés par des années d’austérité, « loi de l’offre et de la demande » (en clair : la loi du profit capitaliste) dans la gestion des « masques » pour la population, suppression de la règle obligatoire des 1,5 m dans les entreprises, réquisition du personnel infirmier pendant les jours de congés, réouverture des écoles, etc.

Et il y a la crise économique et sociale. Le gouvernement Wilmès prépare les coups les plus violents contre les travailleurs. Un professeur d’Université explique sans ambages comment il faudra bien trouver l’argent qui va manquer (on parle d’un déficit de 70 milliards sur l’année 2020) : « Sauts d’index. (…) Suppression du pécule de vacances. Ou réduire le montant des pensions. (…) La question va se poser ainsi que pour les salaires des fonctionnaires qui ont été très peu impactés par la crise. On était sorti de l’austérité mais elle va revenir par la fenêtre. Il va falloir répartir les coûts… » (Sudpresse du 7 mai)

Certes, les décisions ne seront pas prises dans les prochains jours, mais les projets se préparent. Une chose est certaine, les grands patrons et les actionnaires entendent bien répartir les coûts de la crise de manière à garder leurs profits au niveau le plus élevé possible. Ce qui s’abat sur les travailleurs de Brussels Airlines n’est que le début d’une effroyable destruction d’emplois. De partout, on annonce une effroyable montée de la pauvreté. 

Plus que jamais, les travailleurs ont donc besoin d’un gouvernement qui les protège. Or, quelle est l’orientation des deux familles politiques qui parlent en leur nom ?

Le PTB propose une taxe Corona sur les grosses fortunes, à savoir une contribution des 2% les plus riches du pays. Mais à qui s’adresse cette proposition ? Au parlement actuel composé de 86 députés sur 150 représentant les partis de droite ? La proposition de loi en question a été refusée comme de bien entendu. Pourtant, le PTB invite à continuer à soutenir la proposition de loi (« on ne se laisse pas faire ! »). Mais quelle est la voie alors pour que cette mesure soit adoptée et mise en pratique ?

Du côté du PS, nous avons plusieurs voix qui s’expriment. Il y a le député PS Patrick Prévot qui s’exclame : « De nombreux soignants manquent encore de masques parce que votre gouvernement n’a pas pris les devants. Les prix sont démesurés parce qu’il n’y a pas de contrôle. La grande distribution peut vendre des masques. Ce sont donc des millions de masques qui ont débarqué dont la qualité est contestée. Des distributeurs vendent à des prix prohibitifs dans les gares. Madame la Première ministre, vous devez remettre de l’ordre dans ce capharnaüm. » (En bonne libérale, Sophie Wilmès a déclaré s’en tenir à la loi du marché.)

Le député PS Ahmed Laaouej demande que les maisons de repos n’aient pas à payer pour le matériel d’urgence. De manière générale, on observe que les contradictions internes au PS sur le soutien apporté au gouvernement Wilmès s’amplifient.

Pendant ce temps, Paul Magnette, président du PS, annonce qu’il reprendra les négociations pour un autre gouvernement fédéral dès septembre. Il avait déjà proposé à la mi-mars un accord avec la NV-A, ce que l’appareil de son parti avait largement refusé, lui infligeant une cinglante défaite. Va-t-il réussir à la deuxième tentative ? Paul Magnette a déclaré que vu la crise sanitaire, « on n’imagine pas organiser des élections (en septembre) avec 1,5 mètre de distance entre les personnes dans les bureaux de vote. Pour des raisons matérielles, cela paraît impossible ». Un argument qui ne vaut manifestement pas pour les travailleurs quand ils doivent être exploités par les patrons !

Pour notre part, à l’inverse de cette politique d’« Union nationale », nous avançons la perspective d’un gouvernement d’unité ouvrière, à partir d’un bloc entre le PS-SP.A. et le PTB, sur un programme d’urgence pour imposer en particulier l’interdiction des licenciements, le maintien de tous les salaires, la distribution massive et gratuite des masques et autres moyens de protection et dépistage, et aussi des denrées alimentaires nécessaires à la survie de la population, ce qui passe d’abord par la restitution des 50 milliards (pour l’instant) offerts par l’Etat pour sauver le système bancaire, par le renoncement à tous les plans de sauvetage des dividendes des multinationales.

Nul doute alors que si ce bloc était constitué sur cette base, les plus larges couches de la population répondraient avec enthousiasme à un tel appel à agir et à s’organiser pour faire prévaloir ces exigences. Perspective difficile à réaliser, certes. Mais, sauf à se résigner à la catastrophe qui se dessine chaque jour un peu plus, est-il une autre voie ? La solution à la crise, c’est ouvrir la voie à l’unité ouvrière qui en a la capacité.

Mais si ce bloc pour la rupture avec le capital ne se forme pas, que faut-il faire ? Les travailleurs ne sauraient attendre indéfiniment. Il leur reste à construire leurs propres instruments de combat. Pour aider ce mouvement à se développer, nous vous proposons de nous regrouper sans tarder en une force politique pour l’unité.

Rejoignez-nous dans ce combat car il faut se préparer ensemble au « choc » contre la classe des capitalistes et ses institutions.

La rédaction

Sommaire du BU 51 :
. Editorial, p. 2
. Enseignement, p. 3-4
. STIB, p. 4
. Brussels Airlines, p. 5,
. Travailleurs Culture, p. 6-7
. Etats-Unis, p. 8
. BlackRock, p. 9
. Meeting 1er mai COI, p. 10-13
. Palestine, p. 14
. Inde, p. 15
. Qui sommes-nous ? p. 16

Qu’est-ce que le Comité Unité ? Pourquoi ce Bulletin ?
Le Comité pour l’Unité-Eenheidscomité a été créé en 2006 pour aider les travailleurs et les jeunes dans le com-bat pour la défense des conquêtes sociales fondamentales, la défense de leur caractère fédéral, et pour le main-tien de l’unité des organisations syndicales au plan fédéral.
Le combat pour l’unité est et reste d’actualité car les organisations syndicales sont toujours structurées nationalement ; le droit du travail avec la Sécurité sociale sont constitués encore pour l’essentiel de lois nationales.

Le Comité Unité n’entend pas se limiter à la seule question de l’unité : son point de départ, c’est la défense des conquêtes arrachées par la classe ouvrière, en opposition à la politique de baisse du coût du travail. Et un autre constat s’impose : les attaques antisociales dé-coulent directement de la mise en œuvre des traités de l’Union européenne qui instaurent la concurrence « libre et non faussée ».

Le Comité Unité entend donc aussi mener un combat pour la rupture avec les institutions de l’Union européenne car elles n’ont d’autre but que de coordonner une même politique de recul social et démocratique sans précédent partout en Europe.

Le Comité Unité ne vise pas à fonctionner comme une organisation politique qui serait dotée d’un programme achevé. Il a vocation à rassembler les travailleurs, les militants, les jeunes, désireux de défendre l’indépendance des organisations syndicales et les acquis sociaux de la classe ouvrière belge alors qu’ils sont menacés de destruction pour les besoins du capital en décomposition.

C’est donc naturellement que le Bulletin Unité – Eenheid veut ouvrir ses colonnes à tous ceux et celles – francophones et néerlandophones – qui partagent ces préoccupations et la volonté de discuter des solutions et des actions nécessaires pour avancer vers ces objectifs.


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Wat is het Eenheidscomité? Waarom geven wij dit bulletin uit?
Het Eenheidscomité – Comité pour l’unité werd in 2006 opgericht. Het doel dat ons voor ogen stond was arbeiders, bedienden en jongeren te helpen in de strijd ter verdediging van de fundamentele sociale verworvenheden en hun federaal karakter. Wij zijn ook voorstander van het behoud van de eenheid van de vakbonden op federaal niveau. De strijd voor eenheid was en is nog steeds relevant omdat de vakbonden nog altijd nationaal georganiseerd zijn. Het arbeidsrecht en de sociale zekerheid zijn ook ​​nog grotendeels nationale materies.

Het Eenheidscomité is niet van plan zich tot de kwestie van eenheid te beperken. Zijn uitgangspunt is de verdediging van alle verworvenheden die de arbeidersklasse in haar lange strijd afgedwongen heeft.

Bijgevolg verzet het Eenheidscomité verzet zich tegen de politiek van verlaging van de arbeidskosten. Wij stellen vast dat de antisociale aanvallen het directe gevolg zijn van de uitvoering van de verdragen van de Europese Unie die de « vrije en onvervalste » concurrentie tot stand brengen.

Het Eenheidscomité wil dan ook de strijd aangaan voor een breuk met de instellingen van de Europese Unie. De belangrijkste doelstelling van de EU is dezelfde enorme neerwaartse politieke en democratische spiraal in heel Europa te coördineren.

Het Eenheidscomité stelt zich niet tot doel om als een politieke organisatie met een afgerond programma op te treden. Het heeft de ambitie om werknemers, activisten en jongeren die wensen te strijden voor de onafhankelijkheid van de vakbonden en voor het behoud van de sociale verworvenheden van de Belgische arbeidersklasse, bijeen te brengen. Beiden dreigen vernietigd te worden ten behoeve van het stuiptrekkende kapitaal. Dat is de reden waarom het Bulletin zijn kolommen open wil te stellen voor iedereen, zowel Nederlands- als Franstaligen, die deze zorgen deelt en die gemeenschappelijk wenst te overleggen over de oplossingen en de acties die nodig zijn om deze doelstellingen te realiseren.

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