Députés du PTB, du PS et du SP.A , votez contre la loi sur les pouvoirs spéciaux du gouvernement Wilmès !

Il ne s’agit pas d’une loi pour combattre le coronavirus. Il s’agit d’une loi pour s’attaquer aux acquis sociaux des travailleurs et pour protéger les intérêts des patrons.

L’article 5 5° stipule que le gouvernement « peut apporter des adaptations au droit du travail et de sécurité sociale en vue (…) de la bonne organisation des entreprises et des administrations, tout en garantissant les intérêts économiques du pays et la continuité des secteurs critiques ». Le commentaire de cet article indique qu’« en droit du travail et de sécurité sociale, il peut se produire des situations dans lesquelles le cadre juridique en vigueur ne permet pas de concilier les mesures inspirées par la santé publique avec la nécessité d’assurer la continuité de la production économique ou de la prestation de services et ce, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, par exemple (…) modifications dans les horaires. »

La loi sur les pouvoirs spéciaux permet de remettre en cause toutes les conventions collectives prétenduement au nom de la santé publique. Mais la santé publique est-elle la priorité ? On lit à l’article 5 4° un autre objectif : le gouvernement peut prendre toute mesure pour « garantir la continuité de l’économie et la stabilité financière du pays, le fonctionnement du marché ». Autrement dit, le gouvernement entend préserver les profits des patrons et des banquiers.

Cela est tellement vrai qu’une des premières mesures décidées par le gouvernement Wilmès a été de dégager des fonds à hauteur de 50 milliards d’euros pour les banques. Le gouvernement a prévu que les pertes des banques supérieures à 5% sur les nouveaux crédits seront supportées à 80% par l’Etat.

Face au corps médical et le personnel soignant qui exige les moyens humains, techniques et budgétaires pour soigner les malades et combattre la contagion, le gouvernement répond qu’il a dégagé 1 milliard d’euros. Face aux banques qui craignent pour leurs profits, le gouvernement répond présent avec 50 milliards. C’est cela la politique du gouvernement Wilmès !

Le gouvernement a décidé, par arrêté ministériel du 18 mars 2020, que les magasins d’alimentation ne peuvent être ouverts que de 7 à 22h, au lieu de 8 à 20h en temps normal. Devant la mobilisation syndicale, la première ministre a fait mine de reculer en affirmant qu’il s’agissait de « couvrir l’entièreté des situations existantes et non pour élargir les heures d’ouverture sans concertation. » Autrement dit, le gouvernement annonce en réalité qu’il va « concerter » pour élargir les heures d’ouvertures. Ce n’est pas acceptable.

Les dirigeants de la FGTB ont déclaré que « les pouvoirs spéciaux, qui seront accordés au gouvernement Wilmès, ne doivent porter que sur la gestion sanitaire de la crise et ne doivent pas servir à remettre en cause la législation sociale. Pas question de créer un effet d’aubaine ouvrant grand la porte à toute dérive en matière de temps de travail ou de nouvelles flexibilités ».

Si on considère le texte du projet de loi soumis au vote, le gouvernement sera demain effectivement autorisé à remettre en cause la législation sociale. Qu’il jure qu’il va informer les organisations syndicales des décisions prises ou à prendre ne change rien à l’affaire.

Aujourd’hui, l’urgence pour les travailleurs n’est pas de discuter du temps de travail (et donc du coût du travail pour garantir les profits). L’urgence, c’est d’obtenir satisfaction sur les revendications pour l’augmentation des lits en réanimation, pour les équipements nécessaires à la protection du personnel, pour le dépistage de la population, pour la réquisition des usines permettant la fabrication du matériel manquant, pour le maintien à 100% des salaires et des allocations sociales.

Députés du PTB, du PS et du SP.A , ne laissez pas passer la loi sur les pouvoirs spéciaux. Adressez-vous à la population en affirmant : l’urgence n’est pas de sauver les banques, mais le genre humain. Que périssent les profits des banques, pourvu que vive la population !