Pandémie du coronavirus : les travailleurs cherchent à se protéger

Pour préserver nos emplois et nos salaires, il faut un gouvernement des travailleurs !

Les médias rapportaient ce 18 mars les craintes du patronat français après le discours de « guerre » du président Macron. Un de ses dirigeants « a mis en garde contre un arrêt de l’activité économique, y compris dans les secteurs essentiels », constatant « un changement d’attitude extrêmement brutal » des salariés après les mesures sanitaires prises contre le coronavirus. Selon les patrons, « il y a une forme de sur-interprétation des propos du président de la République » et les entreprises « ne sont plus en mesure de poursuivre leur activité sous la pression des salariés ».

En Belgique, où le gouvernement s’est largement inspiré des décisions de Macron, tout en les présentant de manière plus soft, les travailleurs se lancent dans le même combat pour imposer dans tous les secteurs des mesures sanitaires sérieuses qui sont souvent incompatibles avec l’organisation du travail sur le terrain.

De son côté, le patronat compte bien faire payer aux travailleurs le prix de la crise : chômage économique sans limite, licenciement des intérimaires par milliers, multiplication des plans de licenciements secs, etc. Ce qui se prépare, c’est une attaque sans commune mesure contre les emplois et les salaires.

Aujourd’hui, le gouvernement de Sophie Wilmès affirme prendre ses responsabilités. Ce gouvernement « bleu horizon » (composé de 10 ministres libéraux sur 13) appelle à ce que tous les partis le soutiennent dans sa politique de confinement. Certes, le confinement est une mesure jugée par les spécialistes comme un moyen efficace pour ralentir la progression du virus. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car malgré le virus qui se propage, les ouvriers sont appelés à continuer à faire tourner les machines et les équipements industriels ou à continuer à assurer la distribution des marchandises.

Les représentants du PTB ont déclaré : « Il faut prévoir des congés supplémentaires et des maintiens de salaires pour les travailleurs, ils ne peuvent pas être ceux qui vont payer cette crise » ou encore  « Le gouvernement doit aussi rapidement dégager des moyens supplémentaires pour nos hôpitaux et nos services de soins ». Cela est parfaitement juste. Mais comment le gouvernement Wilmès va-t-il répondre à ces revendications ?

En elle-même la situation du système hospitalier ne peut que susciter la plus grande inquiétude. Sudpresse (18 mars) écrit : « Inquiétant: les respirateurs à disposition dans nos hôpitaux ne seront pas suffisants si on ne parvient pas à ralentir la propagation du coronavirus. Nous avons enfin pu obtenir, de manière officielle, le nombre exact de respirateurs dans l’ensemble des hôpitaux du pays. Il y en a 2.169 exactement. Seront-ils suffisants pour faire face à l’épidémie ? »

Un gouvernement digne de ce nom doit ordonner immédiatement la production ou l’achat de milliers de ces appareils essentiels pour permettre de faire passer de l’oxygène dans le sang pour que le corps reste en vie. Le gouvernement Wilmès va-t-il le faire dans les temps ou nous prépare-t-il à la situation à la française où les médecins sont priés de sélectionner les patients à sauver et ceux qu’on doit laisser mourir. Il n’est pas tolérable d’accepter cette barbarie sans nom.

Malgré les conditions difficiles du confinement, malgré la terreur qu’inspire l’augmentation de plus en plus rapide du nombre de décès, les travailleurs, avec leurs organisations syndicales vont se battre. Car posons la question simplement : le gouvernement Wilmès est-il en mesure de résoudre l’ensemble des problèmes qui se posent ?

Le gouvernement Wilmès reste un gouvernement chargé de défendre les intérêts des patrons. Ceux-ci sont toujours cramponnés à leurs profits. Le PTB affirme: « Pour nous, la santé des travailleurs passe avant tout, pas le profit et les intérêts économiques. Il est absurde que les employés d’entreprises comme Audi, Volvo Trucks et Tenneco doivent forcer leur direction à fermer les usines ».  

S’ils doivent forcer la direction de ces usines à fermer, c’est que cette fermeture n’est pas au programme du gouvernement Wilmès, seul responsable de la situation.

Alors, qui doit décider des mesures à prendre ? Qui doit décider quels sont les secteurs essentiels qui doivent continuer à travailler et dans quelles conditions ?

Qui doit sortir la santé de la logique du libre-marché pour prendre des mesures de réquisition du matériel existant afin qu’il soit attribué à celles et ceux qui en ont besoin ?

Qui doit assurer le maintien à 100% des salaires malgré la crise ? Qui doit organiser au mieux les services à rendre à la collectivité ?

Pour notre part, nous ne pensons pas que le gouvernement Wilmès en soit capable. La politique d’« unité nationale » a justement comme but d’éviter que les travailleurs puissent imposer leurs propres intérêts. Dans leur mobilisation pour les mesures d’urgence face au chaos, les travailleurs se heurtent aux intérêts capitalistes qui sont à l’origine de la politique d’austérité qui a frappé depuis des années et des années, le secteur des soins de santé.

Il est urgent que toutes les mesures de sauvegarde soient prises. Et finalement, il en est sur le terrain comme sur le plan national, seuls les travailleurs, avec leurs syndicats, peuvent définir ce qui est nécessaire et possible dans les circonstances effroyables que nous vivons. Seul un gouvernement au service exclusif des travailleurs peut nous sauver !