DR n°10 – Pas de gouvernement fédéral ? Oui, il faut un gouvernement au service des travailleurs

Un gouvernement PS – SP.A – PTB, appuyé sur la FGTB, en rupture avec les partis capitalistes

Le PTB appelle à manifester ce 1er mars sur les mots d’ordre : « pension minimum à 1.500 euros net – diviser les salaires des ministres par deux – non à la scission, oui à la coopération ». Selon ses organisateurs, cette manifestation entend « secouer ce pays » et exprimer un sentiment de colère : « La colère contre les politiciens qui sont plus préoccupés par eux-mêmes que par les besoins sociaux. »

Aux dernières élections, le PTB a obtenu dans tout le pays 584.621 voix et 12 sièges sur 150 à la Chambre (8,64% nationalement, soit +4,9% par rapport à 2014).

La manifestation du 1er mars sera un succès parce que de nombreux travailleurs vont s’en saisir pour faire avancer les revendications sociales contre le patronat et les gouvernements en place et certainement pour s’opposer aux tentatives de scission de la Sécurité sociale qui reviennent sur le tapis.

Mais il y a une question à laquelle il faut répondre : peut-on espérer quelque chose de positif de la part des politiciens qui ont été élus il y a un an, aux élections du 26 mai 2019 ?

Les partis qui se réclament des travailleurs sont représentés au Parlement. Le PS a 20 députés, le SP.A a 9 députés et le PTB 12, soit au total 41 sur 150. C’est insuffisant pour former une majorité ouvrière au niveau parlementaire.

A partir de là, il y a deux possibilités.

Soit on accepte cette situation parlementaire et on appelle au compromis avec les partis de droite pour former un gouvernement, soit on se positionne pour

refuser toute alliance avec les partis de droite et on mobilise les travailleurs sur un programme politique conforme aux intérêts des travailleurs.

Jusqu’à présent, un tel accord entre le PS et les partis de droite n’a pas été possible, mais chacun peut observer que le PS discute avec la N-VA, même si à la base du PS, on ne veut pas de cette alliance. Pour contourner la contestation, les dirigeants du PS voudraient que les partis de droite de Flandre acceptent de former un gouvernement sans la N-VA. Sans succès pour l’instant.

Et pour les travailleurs ? Nous le disons clairement : former un gouvernement avec les partis de droite, avec ou sans la N-VA, c’est renoncer à la revendication fondamentale des travailleurs : annuler ce que le gouvernement Michel a pris comme mesures de destruction sociale.

C’est renoncer au retour à la pension à 65 ans. C’est renoncer à supprimer les réductions de cotisations sociales (tax shift) en refinançant la Sécurité sociale via le seul salaire brut. Et bien d’autres mesures…

On notera qu’accepter de gouverner avec la droite, c’est aussi accepter qu’un compromis soit passé sur les droits démocratiques et renoncer à la sortie (complète) de l’avortement du code pénal.

En 1847, Marx et Engels s’adressaient aux travailleurs en formulant leur programme dans le Manifeste du Parti communiste :

« Quelle est la position des communistes par rapport à l’ensemble des prolétaires ?

Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat.

Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde.

Elles ne sont que l’expression générale des conditions réelles d’une lutte de classes existante, d’un mouvement historique qui s’opère sous nos yeux. »

Ces lignes sont toujours d’actualité ! Mais essayons de transposer à la situation d’aujourd’hui.

Un parti communiste n’a pas d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat. Aujourd’hui, un parti communiste doit s’adresser à tous les travailleurs, quel que soit le parti pour lequel ils votent.

Un parti communiste se distingue aujourd’hui des autres partis qui se réclament des travailleurs parce qu’il représente les intérêts du mouvement dans sa totalité.

Les travailleurs qui se mobilisent actuellement dans les prisons, dans les soins de santé, dans les entreprises en restructuration, etc., ces travailleurs ont besoin d’unité. Il faut en finir avec la division par secteur, par entreprise. Chaque mobilisation n’a de chance de succès que si elle fait partie d’une mobilisation d’ensemble.

Un parti communiste doit se comporter comme la fraction la plus résolue des partis ouvriers du pays, la fraction qui stimule les autres partis.

Que signifie « stimuler » les autres fractions du mouvement ouvrier ?

Cela signifie par exemple d’exiger sans relâche du PS qu’il renonce à ses alliances avec le MR à la Région wallonne de manière à montrer la voie de la mobilisation pour en finir avec la domination des capitalistes.  

De cette manière, le parti communiste porterait la contradiction entre les besoins des travailleurs et la politique des dirigeants.

Cela signifie également que le parti communiste propose fermement à la fraction des travailleurs votant pour le PS une alliance contre les capitalistes, pour défendre les conquêtes sociales et pour reconquérir celles qui ont été détruites.

C’est pour cette raison que pour notre part, nous qui nous revendiquons, en tant que militants de la IVème Internationale, de l’héritage politique de Marx et d’Engels, nous appelons le PTB et les partis socialistes à s’unir pour ouvrir une perspective positive à la classe ouvrière de Belgique.

Chacun peut mesurer que le succès des partis d’extrême-droite – qui se prononcent pour l’éclatement de la Belgique – ne s’explique que parce que les partis, qui sont supposés représenter socialement la majorité de la population, mènent une politique de subordination aux besoins du capital.

Cela ne peut pas continuer. Les dirigeants du PTB sont en capacité de proposer aux partis de la famille socialiste de constituer une unité mobilisatrice pour conquérir le pouvoir au nom des travailleurs, en rupture avec la politique de l’Union européenne.

Il ne s’agit pas pour le PTB de s’aligner sur la politique du PS, il s’agit de proposer l’unité classe contre classe.

Le but des   communistes est le même que celui de toute la classe ouvrière : abolir la propriété privée des moyens de production. Les dirigeants socialistes s’opposent à ce but, mais on voit aujourd’hui que les travailleurs partagent ensemble le même avis : se débarrasser  du capitalisme n’est plus une option, c’est une nécessité.

Si le capitalisme n’est pas renversé, ce sont tous nos droits sociaux qui vont y passer. Ce n’est pas acceptable.

Pourquoi rejoindre aujourd’hui l’OSI, l’Organisation socialiste internationaliste, section belge du Comité d’organisation pour la reconstitution de la IVème Internationale ?

1) Pour aider à l’unité de tous les travailleurs sur la base de leurs revendications, contre la destruction des droits sociaux

2) Pour prendre place dans la construction d’une organisation qui défend l’unité du pays et des conquêtes sociales fédérales (nationales)

3) Pour engager le combat pour un gouvernement d’unité PS – SP.A – PTB, appuyé sur la mobilisation des travailleurs de la FGTB

4) Pour construire l’Internationale ouvrière parce que les communistes « dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. »

Rejoignez-nous ! Prenez contact !