Non à toute scission de la Sécurité Sociale ! Pour le maintien du salaire différé !

Lors de la réception du Nouvel An, la fédération flamande des employeurs, le Voka, a revendiqué la régionalisation de la santé pour 2024. Son président, Wouter De Geest interpellait le monde politique : « Dans les domaines du marché du travail et des soins de santé, les défis des régions sont tout aussi différents que les pouvoirs sont fragmentés. Ne vous limitez pas à vos systèmes de verrouillage paralysants, mais soyez créatifs. « 

Le patronat flamand veut, comme tous les patronats du monde, abaisser le coût du travail, donc le salaire différé des travailleurs flamands. L’existence d’une Sécurité sociale fédérale, en tant que conquête sociale commune à tous les travailleurs, est considérée comme un système de « verrouillage paralysant ». Quoi de plus vrai que ce constat ! En voulant scinder la Sécurité sociale, le patronat, quelle que soit sa « couleur communautaire » entend faire sauter tous les verrous et lancer une offensive destructrice des conditions de vie mêmes de la classe ouvrière.

Les médias rapportent les propos du président de la FGTB : « Si on parle de régionalisation, alors je demande qu’on scinde les pensions ». Comment comprendre une telle position contraire à tout ce que la FGTB a exprimé sans exception depuis des années ?

Ce serait une simple boutade justifiée par les études qui montrent que c’est la Flandre qui sera le plus concernée par le vieillissement de sa population dans les années à venir ?

Qui peut croire que la régionalisation des pensions sera refusée au motif que les patrons de Flandre devront payer davantage que si le système restait national ? En cas de scission, les pensions seront diminuées en Flandre plus facilement que si elles restaient nationales et la direction de la FGTB qui a voulu jouer au plus fin, aura surtout désarmé les travailleurs en jetant la confusion et en se situant sur le terrain trompeur de l’affrontement entre communautés.

Il ne s’agit pas d’une question de Flandre et Wallonie. Il s’agit d’une question de patrons et travailleurs !

La manifestation organisée par la FGTB le 28 janvier prochain appelle à défendre les revendications suivantes : « un renforcement, un juste financement de notre Sécurité sociale et une gestion maintenue au niveau fédéral ». Ce sont là des revendications correctes. Encore faut-il être précis sur la question du juste financement.

Fondamentalement, la Sécurité sociale est financée par la part salariale, arrachée au patronat dans le cadre de la lutte des classes et placée dans une caisse de solidarité.

Depuis des années, les gouvernements, avec ou sans le PS, ont offert aux employeurs des cadeaux financiers faramineux via les réductions des cotisations sociales. Ces cadeaux ont considérablement augmenté les bénéfices des actionnaires.

Le déficit annoncé de la Sécurité sociale en 2024 de 6,4 milliards d’euros est UNIQUEMENT causé par ces cadeaux faits aux entreprises.

Les responsables de la FGTB font à présent des ouvertures en faveur d’un financement alternatif de la Sécurité sociale : cotisation sociale généralisée, lutte contre l’évasion fiscale, impôt sur la fortune, etc.

Qui peut croire que ces sources de financement peuvent être l’équivalent de la part du salaire différé qui n’est plus payée par ces actionnaires ?

De deux choses l’une : ou bien le gouvernement diminue le coût du travail et favorise les profits des actionnaires via les baisses de cotisations sociales, ou bien le gouvernement veut vraiment reprendre chez ces mêmes actionnaires l’argent donné en cadeau, mais alors on ne voit pas pourquoi il faudrait accepter les réductions de charges sociales !

En réalité, ces prétendues nouvelles sources de financement sont soit aléatoires et incertaines, soit se révèlent finalement des impôts déguisés à charge de la classe ouvrière.

La seule source fiable de financement de la Sécurité sociale reste la cotisation sociale basée sur le salaire.

Le salaire différé est une charge pour le patronat. Le patronat veut toujours payer moins de charges pour augmenter ses profits et garantir le rendement de la Bourse. N’abandonnons pas la Sécurité sociale aux aléas de la politique budgétaire et fiscale des Etats ! La Sécurité sociale ne peut pas être une loterie.

 RG

Article extrait du Bulletin Unité n°49 du 11 janvier 2020.

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