L’essentiel est de défaire ce que le gouvernement Michel a fait !

Edito du BU n°49 – janvier 2020.

Ces derniers temps, nous voyons fleurir beaucoup de revendications sociales, portées par les grandes organisations syndicales ou politiques. Ainsi, on revendique la pension minimum à 1.500 euros, le salaire minimum à 14 euros/heure, des réductions de cotisations sociales pour embaucher dans les soins de santé, un fonds pour les aides-ménagères, etc. Des pétitions sont diffusées, des propositions de lois sont déposées.

Mais en même temps, on constate qu’il y a des grandes oubliées dans ces revendications : l’annulation du saut d’index de 2015, le retour à la pension à 65 ans (figurant dans le programme électoral du PS), l’annulation des réductions des cotisations sociales et de l’impôt des sociétés (tax-shift), l’annulation des mesures de flexibilité et d’extension de la précarité (loi Peeters), l’annulation de la chasse aux chômeurs, le retour à la prépension avant 60 ans, le retour à l’ancien système de pension dans la fonction publique, etc.

Force est de constater : il y a des revendications autorisées, celles dont on peut parler avec les partis de droite qui y sont parfois « sensibles », parce qu’elles ne remettent pas en cause ce que le gouvernement Michel (2014-2018) a mis en place. Et puis, il y a les revendications dont on ne veut pas entendre parler. Robert Vertenueil, président de la FGTB, n’a-t-il pas de déclaré : « L’âge (de la pension) en tant que tel ne doit pas être un symbole, mais « il faut tout remettre à plat et repartir de zéro » en vue d’une grande réforme des pensions. » Ces propos ne sont pas acceptables. Pendant l’ancienne législature, des autocollants ‘67 barré’ ont été distribués par milliers dans les manifestations. Pourquoi vouloir aujourd’hui une ‘grande réforme des pensions’ alors que tous nous voulons la garantie de la pension par répartition actuelle en lieu et place de la réduction programmée des retraites par la pension à points ?

Ces propos accompagnent d’ailleurs les ouvertures politiques de Paul Magnette quand il a renoncé au programme du PS au nom de l’intérêt du pays, c’est-à-dire au nom des intérêts du patronat. La rtbf commentait ainsi la situation : « Paul Magnette, du côté francophone, a plutôt marqué des points. Il a réussi à casser l’image qui commençait à s’installer d’un PS qui n’est pas du côté des solutions mais des problèmes. (…) La marque « Paul Magnette » est renforcée alors qu’il a largement cédé sur beaucoup des points de programme du PS. Mais vous remarquerez que le PTB ne l’attaque pas sur ce front-là, de peur d’apparaître comme cause de tensions supplémentaires. » (1) Il faut préciser que le PTB a déclaré ensuite sur RTL-TVI : « La pension minimum à 1500€ net, le retour à 65 ans, l’impôt sur la fortune ou la TVA à 6% sur l’énergie, abandonnées dans la note Magnette, sont pourtant des revendications soutenues par une énorme majorité de la population du Nord comme du Sud ».

Les sondages sont ce qu’ils sont. Le dernier indiquait que le PS se tasse (il passerait de 20 à 18 députés ; il en avait encore 26 en 2010 ; SP.A : de 9 à 6) et le PTB accroît son influence (passant de 12 à 18 députés), ce qui signifie que la base électorale du PS refuse cet abandon honteux des quelques promesses électorales qui marquaient une rupture avec la politique du gouvernement sortant.

Au moment où ce texte est rédigé, il est difficile de faire un pari sur la conclusion ou non d’un accord gouvernemental ou à contrario sur l’obligation d’organiser de nouvelles élections. Le sol se dérobe sous chaque parti. Les deux partis bourgeois historiques de Flandre sont en pleine dégringolade (le CD&V et l’Open-Vld font ensemble 21,3% de l’électorat flamand contre 27,5% aux élections de mai). La peur de nouvelles élections prend tout le monde à la gorge. Mais en même temps, tous savent que le prochain gouvernement sera tenu, sous les injonctions de l’Union européenne, de prendre des mesures antisociales qui vont aggraver celles déjà prises.

Revenons encore sur la pension à points contre laquelle les travailleurs français ont entamé un mouvement massif vers la grève générale. En Belgique, le gouvernement Michel n’est pas parvenu à faire passer ce dossier, mais celui-ci sera sur la table du prochain gouvernement puisqu’il découle des « recommandations » de la Commission européenne. Il nous revient que les services du ministre démissionnaire Bacquelaine continuent à plancher sur un projet prêt à servir pour le prochain gouvernement.

Quand les nouvelles mesures de régression sociale seront annoncées, les travailleurs repartiront au combat avec leurs syndicats. De ce point de vue, ils se souviendront de l’expérience de la fin 2014 qui voyait 150.000 d’entre eux dans les rues de Bruxelles afin de faire tomber le gouvernement Michel 1er. C’est alors que, avec l’accord des dirigeants du PS et du PTB, les dirigeants syndicaux tant wallons que flamands ont stoppé le mouvement pour choisir la voie de la concertation avec le gouvernement dont le bilan fut catastrophique pour les travailleurs puisque l’ensemble de son programme a été appliqué (à l’exception de la pension à point).

La paralysie politique actuelle s’explique par la force potentielle des travailleurs. Au sein de la classe capitaliste, certains rêvent à une solution extrême, celle de l’éclatement du pays. Face à cette menace, l’unité des organisations syndicales et en particulier celle de la FGTB, est primordiale. Mais cette unité n’est possible que si l’organisation syndicale, de la base au sommet, porte la vraie revendication sociale essentielle : celle de défaire la politique de destruction sociale que les partis de droite ont accomplie ces cinq dernières années.

La rédaction  ▄

Sommaire du BU 49 :
. Éditorial FR, p. 2
. Sécurité sociale, p. 3
. Enseignement, p. 4-5-6
. Réforme PMS, p. 7-8
. CETA, p. 9-10
. France (grève), p. 11-12
. Usa-Iran, p. 13
. Inde, p. 14-15
. Brexit, p. 15
. Qui sommes-nous ? p. 16

Qu’est-ce que le Comité Unité ? Pourquoi ce Bulletin ?
Le Comité pour l’Unité-Eenheidscomité a été créé en 2006 pour aider les travailleurs et les jeunes dans le com-bat pour la défense des conquêtes sociales fondamentales, la défense de leur caractère fédéral, et pour le main-tien de l’unité des organisations syndicales au plan fédéral.
Le combat pour l’unité est et reste d’actualité car les organisations syndicales sont toujours structurées nationalement ; le droit du travail avec la Sécurité sociale sont constitués encore pour l’essentiel de lois nationales.

Le Comité Unité n’entend pas se limiter à la seule question de l’unité : son point de départ, c’est la défense des conquêtes arrachées par la classe ouvrière, en opposition à la politique de baisse du coût du travail. Et un autre constat s’impose : les attaques antisociales dé-coulent directement de la mise en œuvre des traités de l’Union européenne qui instaurent la concurrence « libre et non faussée ».

Le Comité Unité entend donc aussi mener un combat pour la rupture avec les institutions de l’Union européenne car elles n’ont d’autre but que de coordonner une même politique de recul social et démocratique sans précédent partout en Europe.

Le Comité Unité ne vise pas à fonctionner comme une organisation politique qui serait dotée d’un programme achevé. Il a vocation à rassembler les travailleurs, les militants, les jeunes, désireux de défendre l’indépendance des organisations syndicales et les acquis sociaux de la classe ouvrière belge alors qu’ils sont menacés de destruction pour les besoins du capital en décomposition.

C’est donc naturellement que le Bulletin Unité – Eenheid veut ouvrir ses colonnes à tous ceux et celles – francophones et néerlandophones – qui partagent ces préoccupations et la volonté de discuter des solutions et des actions nécessaires pour avancer vers ces objectifs.


Abonnez-vous ! 10 numéros pour 7 euros.
Versez au compte Belfius : BE66 0636 0734 6943 – Titulaire du compte : comité unité – eenheidscomité
Ecrivez vos coordonnées par courrier à Olivier Horman, rue Franche 26, 7020 Mons ou par mail à comiteunite.eenheidscomite@gmail.com

Retrouvez-nous aussi sur la page facebook.

Wat is het Eenheidscomité? Waarom geven wij dit bulletin uit?
Het Eenheidscomité – Comité pour l’unité werd in 2006 opgericht. Het doel dat ons voor ogen stond was arbeiders, bedienden en jongeren te helpen in de strijd ter verdediging van de fundamentele sociale verworvenheden en hun federaal karakter. Wij zijn ook voorstander van het behoud van de eenheid van de vakbonden op federaal niveau. De strijd voor eenheid was en is nog steeds relevant omdat de vakbonden nog altijd nationaal georganiseerd zijn. Het arbeidsrecht en de sociale zekerheid zijn ook ​​nog grotendeels nationale materies.

Het Eenheidscomité is niet van plan zich tot de kwestie van eenheid te beperken. Zijn uitgangspunt is de verdediging van alle verworvenheden die de arbeidersklasse in haar lange strijd afgedwongen heeft.

Bijgevolg verzet het Eenheidscomité verzet zich tegen de politiek van verlaging van de arbeidskosten. Wij stellen vast dat de antisociale aanvallen het directe gevolg zijn van de uitvoering van de verdragen van de Europese Unie die de « vrije en onvervalste » concurrentie tot stand brengen.

Het Eenheidscomité wil dan ook de strijd aangaan voor een breuk met de instellingen van de Europese Unie. De belangrijkste doelstelling van de EU is dezelfde enorme neerwaartse politieke en democratische spiraal in heel Europa te coördineren.

Het Eenheidscomité stelt zich niet tot doel om als een politieke organisatie met een afgerond programma op te treden. Het heeft de ambitie om werknemers, activisten en jongeren die wensen te strijden voor de onafhankelijkheid van de vakbonden en voor het behoud van de sociale verworvenheden van de Belgische arbeidersklasse, bijeen te brengen. Beiden dreigen vernietigd te worden ten behoeve van het stuiptrekkende kapitaal. Dat is de reden waarom het Bulletin zijn kolommen open wil te stellen voor iedereen, zowel Nederlands- als Franstaligen, die deze zorgen deelt en die gemeenschappelijk wenst te overleggen over de oplossingen en de acties die nodig zijn om deze doelstellingen te realiseren.

Neem een abonnement op ons Bulletin! De prijs bedraagt 7 € voor 10 nummers.
Stort het verschuldigde bedrag op rekeningnummer BE66 0636 0734 6943 van het Comité unité – eenheidscomité.
Stuur uw gegevens per post naar Olivier Horman, Rue Franche 26 te 7020 Mons of mail ze naar comiteunite.eenheidscomite@gmail.com.                                                                                                                 

Neem ook eens een kijkje op onze Facebookpagina.