DR n°8 bis: Mobilisation des jeunes sur le climat; mettre au pouvoir un gouvernement qui prendra les mesures conformes à la volonté des travailleurs et des jeunes.

En Belgique, des dizaines de milliers de jeunes manifestent pour sauver la planète, pour que des solutions soient sérieusement mises en oeuvre pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, considérées officiellement comme responsables du dérèglement climatique et des menaces de destruction de l’habitat humain.

Une situation contradictoire

La situation est contradictoire. D’un côté, les gouvernements, sous l’égide l’Union européenne, annoncent des objectifs climatiques pour une économie utilisant moins de carbone et de l’autre, les jeunes
constatent que ces objectifs ne sont pas atteints. On assiste à toutes sortes de manoeuvres et d’effets d’annonces. Une chose est absolument certaine: toutes les mesures qui sont mises en avant respectent le sacro-saint principe de la propriété privée des moyens de production et de financement. Dans cet esprit, les plus déterminés estiment que la solution est d’influencer, via la taxe-carbone, les comportements des citoyens-consommateurs supposés être en capacité d’imposer à l’industrie de
nouveaux produits de consommation sans carbone. Mais dans la réalité, rien ne se passe. Un site d’informations sur l’Union européenne indiquait : « Après 3 ans de stagnation, les émissions de CO2 repartent à la hausse. Les chances de limiter la hausse des températures à +1,5° sont de plus en plus minces : la trajectoire actuelle mène vers une planète réchauffée de 3,2° en 2100. La catastrophe climatique s’emballe, mais elle peut s’inverser si on taxe le carbone. (…) L’écart entre les émissions réelles, et le niveau de CO2 qui permettrait de ne pas réchauffer la planète se
creuse de plus en plus. La plupart des pays continuent de voir leurs émissions grimper…

Non seulement les émissions de CO2 dévient du chemin qu’elles devraient emprunter, mais quasiment aucun
pays signataire de l’Accord de Paris ne tient ses engagements. » (1)
Face à l’impasse, certains avancent qu’il faut un « changement de système » sans plus de précision sur
la nature de ce changement. D’autres se voulant plus audacieux souhaiteraient imposer des « contraintes
climatiques » aux grandes entreprises, comme si celles-ci pouvaient librement renoncer à ce pourquoi elles
existent, à savoir la garantie du plus grand profit pour leurs propriétaires.


Faire pression sur les gouvernements ?


Posons-nous donc la question avec le plus de clarté possible : pouvons-nous trouver la solution au
problème des gaz à effet de serre d’origine humaine en maintenant le système des entreprises privées, de
l’économie de marché, des fonds spéculatifs, de l’industrie de guerre, etc. ?
Autrement dit, pouvons-nous avoir confiance dans ces gouvernements et institutions qui servent à perpétuer
le système capitaliste fondé sur l’exploitation de l’homme par l’homme ?
Alors que ces gouvernements sont responsables de plans d’austérité et de remise en cause des droits
démocratiques depuis de nombreuses années, nous n’aurions d’autre porte de sortie que de faire
« pression » sur eux, c’est-à-dire que de dépendre de leur bon vouloir ?

Pour notre part, nous répondons : qu’il s’agisse de l’environnement ou de n’importe quel aspect de la vie
humaine : guerre et paix, travail, logement, instruction, les travailleurs et les jeunes ne peuvent avoir la
moindre confiance dans les gouvernements capitalistes pour régler ces problèmes.
Nous affirmons que c’est un même mal qui menace l’homme et son environnement. Ce mal s’appelle le
système capitaliste, fondé sur la propriété privée des moyens de production. N’a-t-on pas vu, le 25 janvier au
Brésil, l’effondrement d’un barrage de la société Vale (privatisée il y a vingt-deux ans) ravager tout à la fois les
travailleurs, les habitants et leur environnement en les inondant de boues polluées ? C’est bien la privatisation
qui tue l’homme comme son environnement !

La privatisation engendre la barbarie


La mobilisation des jeunes pour des mesures sur le climat exprime une inquiétude plus générale. Les
enfants de travailleurs sont inquiets pour leur avenir tout court, car le système capitaliste leur interdit tout
avenir, et détruit l’humanité tout comme il détruit son environnement.

Les menaces d’une barbarie généralisée se font chaque jour plus grandes. Les guerres que les gouvernements
Trump, Macron, May et aussi « notre » gouvernement Michel, mènent en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au
Yémen, en Afrique… et demain peut-être au Venezuela, précipitent l’humanité dans l’abîme. Ces
guerres, débouchés obligés du marché mondial de l’armement, détruisent pourtant tout autant l’homme
que son environnement !
La perspective que nous proposons consiste à arracher la propriété des moyens de production aux capitalistes
afin de mettre en place tous les moyens que la technologie moderne permettrait pour limiter et
éliminer la pollution et les dangers de l’effet de serre.
L’humanité a besoin du socialisme en tant que régime social guidé par la satisfaction des besoins humains, à
moyen et long terme, ce qui inclut la défense de l’environnement dans les besoins humains. C’est une
société qui élimine toute forme de profit.

A l’inverse, tant que le système sera fondé sur le profit de la minorité, chaque capitaliste mettra sur le dos de
l’autre le coût des mesures à prendre et chaque capitaliste continuera à prélever le maximum d’argent,
quitte à ce que l’humanité disparaisse. On le voit avec la déforestation perpétrée pour le profit immédiat.

Non à l’union sacrée patrons-ouvriers !


La défense de la planète n’est donc pas une affaire d’union sacrée entre gouvernements-entreprises-syndicats.
On constate pourtant que les syndicats des travailleurs sont priés de soutenir les actions des
gouvernements, de soutenir le capitalisme vert. Mais c’est là un prétexte. En fait, on veut empêcher les
travailleurs d’utiliser leurs organisations syndicales pour combattre les patrons dont le seul objectif est de
diminuer le coût du travail, à savoir la masse salariale, le pouvoir d’achat des travailleurs dans leur ensemble
(y compris les pensionnés et les jeunes). Pour le patron, toute dépense sociale est une dépense de trop.


Alors, aujourd’hui, les organisations n’appellent pas les jeunes à manifester sur la perspective d’un
gouvernement au service des travailleurs et des jeunes, fondé sur la démocratie du mandat.

Au contraire, on les appelle à manifester pour soutenir les partis gouvernementaux qui se prononcent pour la
révision de la Constitution pour y introduire l’objectif de la loi-climat, qui n’est qu’une nouvelle annonce
d’objectifs sous l’égide de l’Union européenne.

Le PTB a déposé un projet de loi début février qui se voulait plus radical : « Le PTB soutient le projet de loi climat qui a été mis sur la table par une série d’experts et d’académiques. Nous regrettons que les autres partis aient déposé une version rabotée pour plaire aux libéraux. Nous redéposerons le texte avec l’objectif de diminuer les émissions de 65 % d’ici 2030. » (2) Le projet de loi déposé par le PTB indique que « la présente loi vise en particulier à mettre en oeuvre le
Règlement (UE) 2018/1999 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 sur la gouvernance de
l’union de l’énergie et de l’action pour le climat ».


Consensus avec l’Union européenne ?


En d’autres termes, les jeunes se mobilisent (3) mais la réponse qui leur est donnée est à peu près celle-ci :
« mobilisez-vous, c’est très bien, mais tout doit rester dans le cadre de l’Union européenne ». L’Union
européenne est une institution qui n’accepte qu’un seul système économique, celui de la concurrence libre
et non faussée. Elle ne peut pas prendre des mesures qui pénaliseraient la compétitivité des entreprises. D’où
la mise en oeuvre de mesures qui aboutissent finalement à diminuer le pouvoir d’achat des travailleurs
et des jeunes, avec de plus en plus de taxes qui ne sont pas compensées par l’indexation des salaires.

Face à cette tromperie, nous opposons l’objectif de la prise du pouvoir par la classe ouvrière, incluant les
couches de la jeunesse qui ont tout intérêt à la rejoindre. Un gouvernement des travailleurs et des
jeunes sera à même de dégager des possibilités d’une recherche scientifique libérée de l’exigence du profit et
de dégager les mesures techniques et économiques correspondant aux besoins de l’humanité.

Préserver l’humanité et son environnement – car les deux sont inséparables – ne peut faire l’économie du
combat pour le renversement du système capitaliste qui, comme le disait déjà Karl Marx, « épuise en même
temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (Le Capital) !

En conclusion, le seul programme politique qui permet d’avancer est celui de la nationalisation de l’industrie, de l’énergie, des transports et de la finance, comme un pas vers les Etats-Unis socialistes d’Europe et au-delà la République universelle des conseils ouvriers.

Rejoignez-nous ! Prenez contact !

(1) https://www.euractiv.fr/section/energie/news/apres-3-ans-destagnation-les-emissions-de-co2-repartent-a-la-hausse/ (27/11/2018)
(2) Le projet gouvernemental ne précisait pas d’objectif pour 2030 et renvoie tout à 2050 (-95%).
(3) Les jeunes devraient être appelés par les organisations à se mobiliser aussi contre le Pacte d’excellence qui organise en
Fédération Wallonie-Bruxelles le démantèlement de l’école, au nom des objectifs budgétaires imposés par l’Union européenne.

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